Naissance d'un lieu, d'un endroit, d'un nid autour d'une conception de vie. 

 L’homme a besoin d’espace, mais plus encore d’un lieu, surtout quand il s'agit de vie collective autour du naturisme.
Alors découvrez ici l'origine du camp de Talou.

 

Jacques Demarquette  (1888 -1969)  
Camp de Talou à Choisel

 
Né en 1888, à Paris et élevé dans la religion catholique, Jacques Demarquette déclarait avoir découvert l’hindouisme vers l’âge de 17 ans et être alors devenu végétarien.
En 1909, il était parti pour l’Amérique, préparer un doctorat de chirurgie dentaire, et y avait fréquenté les milieux Quarker* et Rosicrucien*, avant de devenir membre de la loge théosophique* de France et commence à pratiquer le yoga.

  • Quarker - Membre d'une église protestante fondée au XVIIe siècle en Angleterre, qui se répandit surtout en Hollande et aux États-Unis, prêchant en particulier le pacifisme, la philanthropie et une très grande austérité de mœurs.
  • Rosicrucien - Relatif à l’ordre de la Rose-Croix. 
  • La théosophie est une attitude philosophique et religieuse, et une forme spécifique de recherche spirituelle, qui signifie étymologiquement « sagesse de Dieu ». 


De retour d'Amérique, il s’inscrit à la société végétarienne de France au sein de laquelle il fonde, en 1912, le groupe d’action végétarienne. Ce groupement qui vise à diffuser le végétarisme et le naturisme parmi les classes populaires devient rapidement autonome sous le nom de « trait d’union » dans le but de promouvoir le naturisme auprès du monde ouvrier. Mais le déclenchement de la guerre et la mobilisation mettent un terme aux activités de son groupe.
Au début des années 1920, Jacques Demarquette s’attache à faire renaître son association. De taille modeste, celle-ci entretient deux foyers végétariens dans des quartiers populaires de Paris et regroupe quelques dizaines de militants naturistes qui se rencontrent régulièrement pour des conférences, des banquets, des excursions, des cours de danse, de chant ou de gymnastique.
 
Jacques Demarquette à partir de 1922 entreprend de relancer l’activité du
« trait d’union » désormais qualifié de « Société Naturiste de Culture Humaine »
La volonté de rendre les bienfaits de la cure naturiste accessibles à un plus large public et l’exemple des clubs naturistes allemands, qui se multiplient depuis les années 1910 incitent à la formation d’associations naturistes et à l’aménagement, par celles-ci, de terrains de plein air dans les environs de Paris.

En 1922, il fait un gros héritage et n’a plus besoin de travailler. Il ferme son cabinet de dentiste et se consacre entièrement à la cause qu’il entend désormais défendre : la réconciliation entre Français et Allemands autour d’un programme de régénération par le naturisme végétarien. Il a alors 34 ans.
Cette même année 1922, l’association fait donc l’acquisition d’un terrain à Choisel, où les «Trait d Unionistes» se retrouvent en fin de semaine pour s’adonner aux joies du camping, du bain de soleil, du bain de rivière et du plein air. Si l’on s’y livre à un dévêtissement collectif, afin de pratiquer en commun des jeux et des exercices physiques, la nudité n’y est pas intégrale. Jacques Demarquette, qui y est fermement opposé, impose le port du short et de la chemisette. Toutefois, selon le témoignage d’un ancien membre du Trait d Union, certains des jeunes gens qui fréquentent le terrain de Choisel aiment à se retrouver au bord d un ruisseau, dans un endroit isolé des regards, pour se dévêtir et se baigner intégralement nus. Cette pratique reste néanmoins marginale. Pour la majorité des «Trait d Unionistes», l’adoption d’une tenue de camping qui allège les contraintes vestimentaires ordinaires semble suffire à procurer les joies du plein air et les plaisirs de l’exposition du corps aux éléments naturels. Durant l’été 1924, Jacques Demarquette lance le premier « Camp d’amitié internationale » à Choisel, rassemblant environ 80 jeunes gens.

Dans les années 1930, le camp de Choisel, mal entretenu et source de déficit, est vendu aux ISBLÉ, un couple de membres du Trait d’Union, qui le rénovent et, grâce à une gestion plus serrée et à l’ouverture à une clientèle extérieure, lui permettent de rayonner à nouveau.
Camping - piscine et jeux de plein air font la joie des militants naturistes qui s’attachent à démocratiser la cure d'air et de soleil, un naturisme de loisir et contribuent à faire associer le terme à une activité de plein air, pratiquée dévêtu. 

Ce camp par la suite changera de destination, en 1969, une délibération du conseil municipal de la  commune de Châtillon, en date du  20 septembre 1969, valide le principe de  l'acquisition d'un terrain proche de Paris, pour organiser des centres aérés et diverses activités de jeunesse.  C'est le 28 juin 1971, que la décision d'acquisition du terrain sis à Choisel au lieudit "La Braquerie" appartenant à Mme Isblé et sa fille, est validée. L'acquisition est formalisée un an plus tard par acte notarié du 21 juillet 1972. 
Il deviendra un centre de vacances pour enfants de la commune de Châtillon. 
"Le Centre du Talou".



 
  


Annonce extraite de la brochure du Syndicat d'Initiative de Chevreuse vers 1949.

  

La piscine

  

L'espace camping