HISTOIRE D'UN LIEU 


1er lieu: La Mairie école - L'instruction publique.
2ème lieu: Le camp de Talou et son origine

1er lieu 

 Instruction publique -  Mairie - Ecole 
Ecole communale 
Choisel 


Instruction publique

 
Avant 1759, il n’existait à Choisel aucun enseignement régulier.
Nous trouvons à partir de cette date, le tableau des Instituteurs ci-dessous:
1° Milo Jean Louis                   (1759 - 1762)
2° Lion Claude                         (1762 – 1780)

      3° Duquet Ambroise                     (1780 – 1782)
      4° Jardin François                         (1782 – 1810)

 
Le local primitif dans lequel les enfants recevaient les premiers éléments d’une instruction rudimentaire paraît avoir été au début une maison avoisinant l’église, près du lieu dit « La maison Forte ». Un bâtiment mal aéré, mal éclairé, servait à la fois d’habitation et d’atelier de travail au Maître d’école qui exerçait les professions les plus diverses : Bedeau et sacristain, il était tenu d’assister à toutes les cérémonies du culte, il était chargé de l’entretien et de la propreté de l’église et devait sonner l’Angélus – Il prenait part en outre à tous les grands travaux de la campagne.
 
Il n’enseignait donc que d’une façon très irrégulière et pendant trois ou quatre mois de l’année seulement. Le matériel était d’ailleurs réduit à sa plus simple expression. Des tables au plan non incliné recevaient les plus grands élèves, les plus petits s’asseyaient sur des bancs.
 
L’ignorance était profonde et le nombre des illettrés considérable à cette époque. Une délibération datée du 3 janvier 1790, à laquelle avaient pris part 37 habitants à l’effet d’élire une nouvelle municipalité n’a pu être signée que par le curé, le maire, le greffier, le procureur et deux notables.
 
Le 28 février 1790, le sieur Jardin  François est indiqué d’une façon  plus explicite au registre des délibérations du conseil municipal comme Maitre – d’école et secrétaire – Greffier de Saint Jean de Choisel. (Eglise Saint Jean Baptiste).
Mais ce n’est qu’à partir du 16 mars 1794, que trace d’une nomination régulière apparaît.
 
Voici d’ailleurs le texte de la délibération  prise à ce sujet :

·         Le Maire, les Officiers municipaux, agents et autres habitants de Choisel, se sont assemblés au lieu ordinaire de leurs séances (Eglise paroissiale) après l’annonce faite de décadi, 20 ventôse (période du 19 février au 20 mars) au son de la cloche, où les habitants se sont trouvés en grand nombre, à l’effet de nommer un instituteur.
31 suffrages sur 35 votants ont été obtenus par le citoyen Jardin François qui a été reçu et accepté pour instituteur avec un traitement de 233 livres.
·         L’instituteur recevait en outre une allocation de 44 livres, à charge par lui de pourvoir à la location d’une maison devant recevoir les enfants de la paroisse.

·         Cette organisation, toute imparfaite qu’elle était, permit de recevoir en l’an 2
(1793-1794) 17 garçons et 8 filles et en l’an 3 (1794-1795) 22 garçons et 12 filles.
·         C’était un commencement.

Cette situation pécuniaire et morale de l’Instituteur resta stationnaire pendant le premier Empire et les premières années de la Restauration. Ce n’est qu’en 1828 que l’on voit pour la première fois son traitement figurer au budget communal pour une somme de 100 francs (Le franc remplace la livre dès 1795) à laquelle se joint une allocation de 50 francs pour les fonctions de secrétaire-greffier.
En 1832, une gratification de 400 francs accordée par M. le Comte de Breteuil élève à
550 francs le traitement de l’instituteur qui reçoit de plus une indemnité de logement de 30 francs.
La loi du 28 juin 1833 améliore considérablement la situation des instituteurs, car la loi oblige les communes à mettre des moyens à disposition de l’instruction primaire pour les garçons (1850 pour les filles). On a vu qu’à ce titre les communes devaient fournir un local d’école et un logement (ou une indemnité de logement) à l’instituteur. 
Néanmoins le sieur Caplain (instituteur de 1835 à 1838) ne possède en 1835 que 4 ou 5 élèves payants, par suite de la récente création d’une école de filles dans le village. (A partir de cette année 1835,  les familles paient pour chaque élève une « rétribution » fixée par le conseil municipal)
 
Il existait en effet à cette époque à Choisel un établissement de sœurs qui recevait toutes les petites filles des communes environnantes. « Voir détail plus loin ».
Concernant justement l’école de filles, deux essais de création d’une  école de filles ont eu lieu au préalable à Choisel :
·         Le premier essai date de 1796, les nommées Robillard et Chevallier, adressèrent une demande à l’effet de s’installer dans la commune en qualité d’institutrice, ne demandant comme rémunération de leurs services que la gratuité du local dans lequel elles enseigneraient. Toutes deux demeurant à Chevreuse.
·         Cette proposition fut agréée le dix-huit fructidor an 4 (04 septembre 1797) par une délibération de la commune, en leur accordant le local appartenant à ladite commune, destiné à recevoir les enfants, et sans exiger d’elles un loyer quelconque.
·         Le second essai eut lieu en 1832, à cette date M. le Comte de Breteuil fonda et entretint un établissement de « Sœurs de la Providence » à l’entrée du domaine. On y devait donner gratuitement l’instruction aux petites filles de Choisel et des communes environnantes. Quarante cinq élèves environ fréquentaient cette classe. C’était aussi l’Hôpital Sainte – Thérèse. Les intentions du fondateur : les indigents malades devaient y recevoir gratuitement les médicaments et les soins du médecin. Cet état de choses dura jusqu’en 1839, époque à laquelle les sœurs retournèrent à Chevreuse.
·         Depuis le départ des sœurs l’école de Choisel a toujours été mixte.
* Voir en fin de texte -l'Ordonnance du Roi Louis Philippe, en date du 18 mars 1847, pour  validation des donations.*

Mairie – Ecole

La loi du 18 juillet 1837 impose  aux communes  l’entretien  de leur maison commune, lorsqu’elles en ont une. Ainsi naissent les premières mairies-écoles : de nombreuses communes s’équipent d’un local municipal lors d’une création d’école.

En 1846, M. le Comte de Breteuil fit don de l'établissement des Soeurs de la Providence à la commune.  Il servit de Mairie, d’école mixte et de logement de l’instituteur. Le bâtiment est reconstruit en 1859 par Charles Brouty, architecte de la ville et du canton de Chevreuse, sur le même emplacement, qui correspond aujourd’hui à « L’Espace Ingrid Bergman ». La façade exposée au nord-est, donne sur le chemin de grande communication numéro 40. (Comme indiqué sur la plaque cocher du pignon de l'église). D’après Louis Morize, par un de ses écrits en 1862, la nouvelle maison d’école et la maison contigüe à l’ouest sont connues sous le nom de maison de la Chevalerie.
* voir plan en fin de texte datant de 1784 indiquant l’emplacement du lieu
La Chevalerie.*


Ci-dessous un extrait de la Session de Mai 1846 du conseil municipal.

Délibération relative à un emprunt extraordinaire de 1200 francs pour payer les frais des donations faites par Mr le Comte de Breteuil.
L’an mil huit cent quarante six, le 17 mai. Le conseil municipal de la commune de Choisel, convoqué et réuni au lieu ordinaire de ses séances, en vertu de la circulaire de Mr le Préfet du 19 avril dernier, pour la session de Mai. Duquel conseil étaient présents Messieurs Bardou, Picard, Ozanne, Cochois, Chevallier et Gariot et assisté conformément à l’article n°2 de la loi du 18 juillet 1837, des plus forts contribuables ci-après désignés à savoir: Messieurs Beauvert, Ozanne fils, Frayer, Monsanglant, Corbé Vincent, 
Corbé Simon, Grigny et Bugrot.
Le conseil en séance :
Mr le Maire donne lecture de trois lettres de Monsieur le Comte de Breteuil, du 28 mars 1846, par lesquelles il offre à la commune de Choisel :

  • 1er - Une rente cinq pour cent de deux cents francs, inscrite au grand livre de la dette publique, à la date du 5 juin 1832.
  • 2ème  - Le Presbytère de Choisel tenant à l’église, avec cour et jardin, tel qu’il se comporte aujourd’hui.
  • 3ème  - La maison dite des Sœurs en face l’église de Choisel, située entre cour et jardin, telle qu’elle se comporte également aujourd’hui.

 

Ecole communale 

 
En 1897, un agrandissement de ce bâtiment permet de recevoir les élèves des deux sexes depuis l’âge de cinq ans. La salle de classe est au rez - de – chaussée, elle est assez vaste et accueille une cinquantaine d’élèves.
Le vestibule d’entrée donne accès à trois espaces. Dans l’aile gauche se trouvent le cabinet de l’instituteur et le secrétariat de mairie, le maître d’école étant souvent aussi secrétaire du maire. Dans l’aile droite se situe le logement de l’instituteur. Au centre, la salle de classe se profile dans le prolongement du hall d’entrée. Les élèves y accèdent par les deux portails latéraux situés côté place. Bien qu’elle soit mixte, l’école de Choisel comporte deux cours distinctes accessibles de part et d’autre de la salle de classe, chacune disposant d’un préau. A l’étage, accessible par un escalier situé dans le vestibule d’entrée, se trouvent la salle de la mairie au-dessus de la salle de classe et un cabinet d’archives.
*Ci-dessous le plan de la maison d'école. du 5 septembre 1899 par l'instituteur
A. DESCHAMPS*


L’école a fermé ses portes en 1975.
 


  

Plan de la maison-école en date du 5 septembre 1899 par l'instituteur A. Dechamps.

La Chevalerie correspond au coeur du village, incluant l'entrée du château sur la place. 

Ordonnance du roi - Paris, le 18 mars 1847

SEINE-ET-OISE
SOUS-PREFECTURE de RAMBOUILLET
Ordonnance du Roi Louis Philippe, Roi des Français, en date du 18 mars 1847.
Cette ordonnance valide les donations du Comte de Breteuil à la Commune de Choisel.
Page n°1 de l'Ordonnance.

SEINE-ET-OISE
SOUS-PREFECTURE de RAMBOUILLET
Ordonnance du Roi Louis Philippe, Roi des Français, en date du 18 mars 1847.
Cette ordonnance valide les donations du Comte de Breteuil à la Commune de Choisel.
Page n°2 de l'Ordonnance.


 SEINE-ET-OISE
SOUS-PREFECTURE de RAMBOUILLET
Ordonnance du Roi Louis Philippe, Roi des Français, en date du 18 mars 1847.
Cette ordonnance valide les donations du Comte de Breteuil à la Commune de Choisel.
Page n°3 de l'Ordonnance. 




2ème lieu

Naissance d'un lieu, d'un endroit, d'un nid autour d'une conception de vie. 

 L’homme a besoin d’espace, mais plus encore d’un lieu, surtout quand il s'agit de vie collective autour du naturisme.
Alors découvrez ici l'origine du camp de Talou.

 

Jacques Demarquette  (1888 -1969)  
Camp de Talou à Choisel

 
Né en 1888, à Paris et élevé dans la religion catholique, Jacques Demarquette déclarait avoir découvert l’hindouisme vers l’âge de 17 ans et être alors devenu végétarien.
En 1909, il était parti pour l’Amérique, préparer un doctorat de chirurgie dentaire, et y avait fréquenté les milieux Quarker* et Rosicrucien*, avant de devenir membre de la loge théosophique* de France et commence à pratiquer le yoga.

  • Quarker - Membre d'une église protestante fondée au XVIIe siècle en Angleterre, qui se répandit surtout en Hollande et aux États-Unis, prêchant en particulier le pacifisme, la philanthropie et une très grande austérité de mœurs.
  • Rosicrucien - Relatif à l’ordre de la Rose-Croix. 
  • La théosophie est une attitude philosophique et religieuse, et une forme spécifique de recherche spirituelle, qui signifie étymologiquement « sagesse de Dieu ». 


De retour d'Amérique, il s’inscrit à la société végétarienne de France au sein de laquelle il fonde, en 1912, le groupe d’action végétarienne. Ce groupement qui vise à diffuser le végétarisme et le naturisme parmi les classes populaires devient rapidement autonome sous le nom de « trait d’union » dans le but de promouvoir le naturisme auprès du monde ouvrier. Mais le déclenchement de la guerre et la mobilisation mettent un terme aux activités de son groupe.
Au début des années 1920, Jacques Demarquette s’attache à faire renaître son association. De taille modeste, celle-ci entretient deux foyers végétariens dans des quartiers populaires de Paris et regroupe quelques dizaines de militants naturistes qui se rencontrent régulièrement pour des conférences, des banquets, des excursions, des cours de danse, de chant ou de gymnastique.
 
Jacques Demarquette à partir de 1922 entreprend de relancer l’activité du
« trait d’union » désormais qualifié de « Société Naturiste de Culture Humaine »
La volonté de rendre les bienfaits de la cure naturiste accessibles à un plus large public et l’exemple des clubs naturistes allemands, qui se multiplient depuis les années 1910 incitent à la formation d’associations naturistes et à l’aménagement, par celles-ci, de terrains de plein air dans les environs de Paris.

En 1922, il fait un gros héritage et n’a plus besoin de travailler. Il ferme son cabinet de dentiste et se consacre entièrement à la cause qu’il entend désormais défendre : la réconciliation entre Français et Allemands autour d’un programme de régénération par le naturisme végétarien. Il a alors 34 ans.
Cette même année 1922, l’association fait donc l’acquisition d’un terrain à Choisel, où les «Trait d Unionistes» se retrouvent en fin de semaine pour s’adonner aux joies du camping, du bain de soleil, du bain de rivière et du plein air. Si l’on s’y livre à un dévêtissement collectif, afin de pratiquer en commun des jeux et des exercices physiques, la nudité n’y est pas intégrale. Jacques Demarquette, qui y est fermement opposé, impose le port du short et de la chemisette. Toutefois, selon le témoignage d’un ancien membre du Trait d'Union, certains des jeunes gens qui fréquentent le terrain de Choisel aiment à se retrouver au bord d un ruisseau, dans un endroit isolé des regards, pour se dévêtir et se baigner intégralement nus. Cette pratique reste néanmoins marginale. Pour la majorité des «Trait d Unionistes», l’adoption d’une tenue de camping qui allège les contraintes vestimentaires ordinaires semble suffire à procurer les joies du plein air et les plaisirs de l’exposition du corps aux éléments naturels. Durant l’été 1924, Jacques Demarquette lance le premier « Camp d’amitié internationale » à Choisel, rassemblant environ 80 jeunes gens.

Dans les années 1930, le camp de Choisel, mal entretenu et source de déficit, est vendu aux ISBLÉ, un couple de membres du Trait d’Union, qui le rénovent et, grâce à une gestion plus serrée et à l’ouverture à une clientèle extérieure, lui permettent de rayonner à nouveau.
Camping - piscine et jeux de plein air font la joie des militants naturistes qui s’attachent à démocratiser la cure d'air et de soleil, un naturisme de loisir et contribuent à faire associer le terme à une activité de plein air, pratiquée dévêtu. 

Ce camp par la suite changera de destination, en 1969, une délibération du conseil municipal de la  commune de Châtillon, en date du  20 septembre 1969, valide le principe de  l'acquisition d'un terrain proche de Paris, pour organiser des centres aérés et diverses activités de jeunesse.  C'est le 28 juin 1971, que la décision d'acquisition du terrain sis à Choisel au lieudit "La Braquerie" appartenant à Mme Isblé et sa fille, est validée. L'acquisition est formalisée un an plus tard par acte notarié du 21 juillet 1972. 
Il deviendra un centre de vacances pour enfants de la commune de Châtillon. 
"Le Centre du Talou".



 
  


Annonce extraite de la brochure du Syndicat d'Initiative de Chevreuse vers 1949.

  

La piscine

  

L'espace camping